Les contes de la dynastie Tang

Au cours de la dynastie des Tang (619-907), le conte chinois pris un grand essor ; les fables étaient construites autour de personnages hauts en couleurs. Ces textes étaient connus sous le nom de Chuan Qi (contes étranges) ; ils étaient alors considérés comme une forme de littérature mineure, moins valable que les essais classiques écrits par les lettrés.

Avant la dynastie des Tang, la Chine avait déjà produit de superbes et émouvants récits et légendes. Quelques-unes semblent avoir été indissociables des anciennes fables ; les légendes participaient à l'explication d'une philosophie alors que d'autres servaient aux taoïstes, bouddhistes anisi qu'à des sectes religieuses pour propager la religion. Il existait de nombreuses séries de contes de fées, de contes fantastiques et même de récits de voyages. Les comtes de la période pré-Tang étaient brefs et d'écriture simple.

Les contes et légendes de la dynastie des Tang  sont riches de péripéties et hauts en couleurs. Ils sont imaginatifs, comportent moulte détails et des personnages réalistes. Ils racontent des histoires étranges où les esprits viennent hanter la vie des humains, où les renardes tombent amoureuses des hommes, et où les héros s'efforcent de redresser les torts ... Ils présentent l'intérêt de mèler surnaturel et vie quotidienne, dans le cadre d'oeuvre faciles d'accès et agréables ou distrayants.

Ainsi, un des premiers contes de cette période est : "Un ancien mirroir", de Wang Du (580-640) qui associe plusieurs anecdotes relatives au pouvoir magique des anciens miroirs.

 ...... "La caverne des fées" de Zhang Luo" (660-740), un conte d'environ 10.000 caractères, décrit -avec profusion de détails vivants- comment une certaines nuit l'auteur s'introduisit dans une caverne de fées, et participa à leurs libations, en faisant appel à nombre de dictons populaires et d'images poétiques.

Peu après, les contes d'amour romantique furent très en vogue. Certains de ces contes étaient des tragédies sorties de la vie, d'autres des fables se terminant par une fin heureuse ou triste.

Ainsi, Chen Xuanyou écrivit "l'âme errante" à la fin du huitième siècle, une histoire d'amour entre Wang Zhou et Zhang Qianniang. Malheureusement le père de cette dernière lui ordonna d'épouser un autre homme. Wang Zhou en eu le coeur brisé et partit en bateau pour la capitale. Sur ce bateau, ne pouvant trouver  le sommeil, il entendit vers minuit quelqu'un courrir le long de la berge et reconnut sa bien-aimée Zhang Qianniang qui venait le rejoindre. Ils se rendirent au Sichuan où ils vécurent ensemble pendant cinq ans et eurent deux fils. Alors ils décidèrent de retourner à l'ancienne demeure de Qianniang. A leur grand étonnement, ils y trouvèrent une autre Qianniang malade et alitée. Soudainement les corps des deux femmes se fondirent en un seul, car c'était l'âme de Qianniang qui s'était enfuie avec Wang. 

La fée renarde, de Shen Yiji (750-800), raconte comment l'amour naquit entre une fée renarde et un jeune homme nommé Zheng. C'est une histoire très vivante ; sous la forme d'une très belle jeune femme, la renarde restera fidèle à son amant. Quand elle sera tuée, Zheng ne pourra l'effacer de sa mémoire.
Ce conte que j'aime beaucoup & qui illustre à plus d'un titre la vie sous la dynastie Tang, figurera prochainement sur ce blog.

Au delà des nombreuses histoires d'amour, les contes et légendes Tang permettent aussi de mettre en scène la vie quotidienne, ainsi que les aspirations et mécontentements. Par exemple, Li Gongzuo écrivit son célère "Gouverneur de l'Etat tributaire du Sud" où il exprime avec réalisme la psychologie des bureaucrates sou sles Tang.

A la fin de la dynastie Tang, la situation politique s'agrava jusqu'à un grand soulèvement paysan, et les récits mettent alors en scène des héros surhumains ou de chevaliers. "L'homme à la barbe fleurie" de Du Guangting appartient à ce genre, même s'il se différencie des autres contes de ce type par sa loyauté à la dynastie Tang. Le mystérieux personnage à la barbe fleurie est un homme d'épée.

L'intérêt de ces contes et légendes est qu'ils mettent en scène des êtres surnaturels, reflets de la culture chinoise, tout en nous renseignant sur les conditions sociales de ces périodes troublées.

L'ouvrage de référence pour cet article est "Contes & légendes de la dynastie des Tang, la fée renarde", éditions Littérature Chinoise-Pékin.




Madame Feng Shui
Sylvie Debeney - Cap Feng Shui - www.capfengshui.net